Ici, aussi, il faut dire que les familles se créent des victimes pour pouvoir en souffrir ou les faire souffrir. Le plus souvent, tout cela est habillé de tendresse. Un habit du dimanche pour que ne rien ne paraisse. Tout peu arriver mais personne ne doit le savoir. Le sujet demeure tabou. Et pourtant, les familles procréent des célibataires, branches mortes de l'arbre généalogique, celles ou ceux qui ne se marient pas, ou celles ou ceux qui vivent une autre sensualité que celle en norme. Et ceux-ci et celles-là procréent également si l'on veut bien admettre qu'ils renvoient le plus souvent à leurs familles une plus juste et noble image d'elles mêmes, au rique de douloureux constats. Il y a toujours quelqu'un de flou sur une photo de famille. Ce n'est pas un flou. C'est celle ou celui qui ne fera pas comme les autres, et qui vivra une solitude proche de l'isolement. On ne parle pas d'eux parce qu'il ne seront jamais deux. Deux fois un, sans suite oui, mais jamais deux pour la multiplication. Or ils sont dans la même famille. Un beau sujet si l'on veut. Il est trop facile de dire qu'ils ont décidé d'être ce qu'ils sont. A qui la décision?
extrait de "romances sans parole"